…Pour une culture visuelle en France

Les petits lézards - ...Pour une culture visuelle en France

Un prospect, que j’avais dĂ©marchĂ© il y a plusieurs mois, m’a  tĂ©lĂ©phonĂ© vendredi dernier, car il envisage de refaire son site internet. Seulement, pour ĂȘtre certain que je corresponds bien Ă  ses attentes, il souhaitait plusieurs maquettes avant de se dĂ©cider.

Voici un extrait des propos que nos avons échangés :

LĂ , j’ai entendu mon interlocuteur s’Ă©trangler.

A partir de lĂ , j’ai senti que je devenais franchement dĂ©sagrĂ©able avec mon interlocuteur. J’ai toujours eu du mal Ă  avaler qu’on puisse avoir l’aplomb de demander Ă  quelqu’un de travailler gratuitement.

C’est comme si j’allais au restaurant et demandais au chef de me prĂ©parer plusieurs plats inĂ©dits pour me faire une idĂ©e de ses talents de cuisinier. Et, aprĂšs les avoir tous goutĂ©s, je lui payais uniquement celui que j’ai prĂ©fĂ©rĂ©.

Franchement, connaissez-vous beaucoup de professions qui acceptent ce type de pratique ?

Et il en va de mĂȘme pour les pseudos concours et tous les appels d’offres foireux qui, sous prĂ©texte d’une rĂ©compense ou d’un potentiel contrat, vous font bosser Ă  l’Ɠil. Attention, je ne veux pas qu’il y ait de mĂ©prise sur mes propos et sur mes intentions : je trouve tout Ă  fait normal de proposer des maquettes Ă  mes (futurs) clients. Mais ce travail DOIT ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ©.

Pour sensibiliser le public et dĂ©noncer ces pratiques scandaleuses l’AFD (Alliance Française des Designers) a publiĂ© un dĂ©pliant Ă  l’attention des graphistes (feuillets rouges).

Les petits lézards - ...Pour une culture visuelle en France

Il y est dit en substance :

Non aux « free pitchings », les appels d’offres non rĂ©munĂ©rĂ©s.

Graphistes, designers en France, nous vous incitons Ă  ne pas participer aux concours et appels d’offres qui ne prĂ©voient pas de rĂ©munĂ©ration pour votre travail, et Ă  ne pas dĂ©marcher en proposant des idĂ©es gratuites : le seul rĂ©sultat Ă  long terme est la dĂ©tĂ©rioration de notre profession…

Vous pouvez télécharger et diffuser largement le document complet au format pdf ICI.

Comme beaucoup de mes confrĂšres, il m’est arrivĂ© au dĂ©but de mon activitĂ© freelance de me faire avoir par une « entreprise-super-intĂ©ressante-qui-allait-m’apporter-plein-d’autres-contrats-par-la-suite-si-je-travaillais-bien ». Au final, cette entreprise (qui voulait absolument travailler avec moi parce que je correspondais parfaitement Ă  ce qu’elle recherchait), m’a laissĂ© sur le carreau aprĂšs plusieurs propositions. Motif : j’Ă©tais soit disant trop cher pour elle !
Lorsque j’ai demandĂ© ce qu’il en Ă©tait par rapport au travail dĂ©jĂ  fourni et une Ă©ventuelle compensation, je me suis entendu dire quelque chose du genre :

DĂ©solĂ©, mais nous n’avons rien prĂ©vu pour vous… De toutes façons mon coco, c’est comme ça dans ce mĂ©tier et si vous voulez un jour travailler, vous avez intĂ©rĂȘt Ă  vous y faire !

Je ne m’y suis jamais fait et pourtant je travaille encore…

Remarquez, il y a quand mĂȘme une justice car l’entreprise en question s’est retrouvĂ©e avec un site tout pourri, plein de gifs animĂ©s, certainement fait Ă  l’arrache,  par un ados boutonneux dans sa cave, contre 3 stickers et un place de cinĂ©… Non, pourquoi dites-vous que je suis aigri ?

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Commentaires

EXcellent, je me suis regalee, entierement d’accord, MERCI!

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